
Et si on prenait la légèreté au sérieux ?
26 août 2026
Un art martial
26 août 2026La légèreté
Joli thème pour un magazine de rentrée

Sauf que, devant mon écran, petit problème : comment parler de légèreté après cet été 2026 sans avoir l’impression de regarder ailleurs ?
Parce que mon été, à moi, a plutôt été agréable. Du repos, moins de contraintes, du temps dehors, quelques moments où l’agenda cesse enfin de décider à ma place… Bref, une certaine forme de légèreté.
Et puis il y a eu mon jardin.
Je l’aime, mon jardin. J’aime regarder pousser les plantes et grandir les arbres, récolter quelques fruits et légumes, observer les oiseaux attirés par la mare, les insectes qui viennent butiner, les coins d’ombre qui apparaissent au fil des années.
J’aime observer ce petit morceau de vivant évoluer au fil des saisons.
Habituellement, l’été est synonyme d’explosion de couleurs, de récoltes, de croissance. …..Cet été, je l’ai surtout regardé résister.
Mes arbres ont souffert. Mes fruits et légumes aussi. J’ai parfois arrosé plus pour sauver que pour faire pousser. J’ai regardé la terre sécher, les feuilles jaunir, certains fruits tombés trop tôt, certaines plantes renoncer.
Et cela m’a touché. Vraiment.

Parce qu’au-delà de mon petit bout de terrain, les images et les informations racontaient la même histoire, à une autre échelle.
Records de chaleur, sécheresse, rivières au plus bas, incendies, biodiversité malmenée… Le vivant nous envoie quelques signaux assez peu subtils.
Et puis, comme notre époque aime les paradoxes, le 23 juillet, le trafic aérien commercial mondial battait lui aussi un record : plus de 153 000 vols en une seule journée.
Dans le même temps, nous nous passionnons – moi aussi – pour l’intelligence artificielle et ses incroyables possibilités, avec derrière elle toujours plus de data centers, d’électricité… et d’eau consommée.
Records de chaleur, records de vols, records de puissance numérique…
Drôle de course aux records.
Alors franchement… où mettre de la légèreté là-dedans ?
Peut-être justement en commençant par ne pas confondre légèreté et insouciance.
Être léger, ce n’est pas détourner le regard. Ce n’est pas nier ce qui arrive pour continuer comme avant avec un grand sourire, en espérant que « ça va bien finir par s’arranger ».
Jean-Marc Jancovici évoque la nécessité d’engager une forme de « deuil » du climat que nous avons connu : accepter que certaines choses changent déjà, non pas pour renoncer, mais pour pouvoir construire autre chose.
Cette idée me parle aussi dans mon métier. Conduire le changement, ce n’est pas nier la réalité ni les émotions qu’elle provoque. C’est les regarder en face pour retrouver une capacité d’action.
Et si, finalement, c’était aussi cela, la légèreté ?
Pas celle qui consiste à fermer les yeux.
Pas celle qui transforme chaque problème complexe en trois slides PowerPoint et un plan d’action pour mardi matin.
Je parle d’une autre légèreté :
Celle qui consiste à enlever ce qui pèse inutilement pour garder de l’énergie pour ce qui compte vraiment.
Et c’est peut-être là que je retrouve… le Lean.
Lean signifie littéralement « maigre ». Une traduction qui ne m’enthousiasme pas vraiment. Je préfère aujourd’hui y voir une invitation à devenir plus léger.
Plus léger en traquant les gaspillages : produire inutilement, déplacer inutilement, stocker inutilement, attendre, recommencer, corriger, consommer de la matière ou de l’énergie sans créer de valeur.
Finalement, le Lean pose une question d’une actualité redoutable :
Avons-nous réellement besoin de tout ce que nous consommons, produisons, transportons… et compliquons ?
Mais attention : alléger ne veut pas dire tout supprimer et passer d’un extrême à l’autre en réduisant les marges de manœuvre. Car une entreprise dans laquelle chaque personne est occupée à 100 %, chaque machine saturée, chaque stock supprimé et chaque minute optimisée est peut-être extrêmement performante… jusqu’au premier imprévu.
Et c’est précisément là que la recherche de légèreté doit rencontrer une autre notion qui m’intéresse de plus en plus : la robustesse.
Le vivant ne cherche pas en permanence le rendement maximum. Il garde de la diversité, des redondances, des réserves, des marges de manœuvre. Des choses qui peuvent sembler inefficaces aujourd’hui et qui deviennent essentielles demain.
Mon jardin me l’a encore appris cet été. Face à la chaleur, ce ne sont pas forcément les plantes les plus « performantes » qui résistent le mieux. Diversité, paillage, ombre, sol vivant, associations entre espèces… autant de petites inefficacités apparentes qui deviennent de formidables facteurs de robustesse.
Et cette idée rejoint également celle de la Permaentreprise que j’explore depuis quelque temps : prendre soin de la Terre, prendre soin des humains et partager équitablement.

Prendre soin
Cela paraît presque léger comme expression.
Et pourtant, quel programme !
Car face aux bouleversements écologiques, économiques et sociaux qui arrivent, nous pouvons continuer à chercher qui a tort et qui a raison.
Nous sommes d’ailleurs devenus assez performants dans ce domaine.
- Pour ou contre
- Croissance ou décroissance
- Avion ou vélo
- Nucléaire ou renouvelables
- Technologie ou sobriété
- IA merveilleuse ou IA diabolique

À force de vouloir gagner le débat, nous risquons surtout de perdre du temps.
Et si nous remettions un peu d’intelligence collective là-dedans ?
Se réunir. Regarder les faits. Écouter réellement les différents points de vue. Accepter qu’une solution parfaite n’existe probablement pas. Tester. Apprendre. Corriger. Construire ensemble des compromis qui permettent d’avancer.

En entreprise, lorsque j’anime un World Café, un chantier Lean ou un groupe de résolution de problèmes, je constate souvent la même chose : la solution n’appartient presque jamais à une seule personne.
– Elle apparaît dans les interactions
– Dans ce que l’un sait et que l’autre complète
– Dans la confrontation des regards
– Parfois même dans le désaccord
Nous avons parfaitement le droit de ne pas être d’accord. Nous n’avons simplement plus le luxe de ne pas nous parler.
Parce qu’à la fin du débat, il n’y a pas une planète pour ceux qui pensent comme moi et une autre pour ceux qui ne pensent pas comme moi. Il n’y en a qu’une.
Ma conclusion
Alors oui, cet été m’a parfois rendu inquiet. Peut-être même un peu éco-anxieux ou plus précisément solastagique.
Mais je refuse que cette inquiétude devienne uniquement de la sidération, de la colère ou du renoncement.
Je préfère essayer d’en faire quelque chose.
Agir à mon échelle. Questionner mes pratiques. Accompagner autrement les entreprises. Mettre autour de la table des personnes qui ne pensent pas forcément pareil. Chercher ensemble. Expérimenter. Faire un petit pas plutôt que d’attendre le grand soir écologique parfait sur lequel tout le monde serait enfin d’accord.
Ma légèreté pour cette rentrée sera peut-être celle-là :
– Moins de gaspillage
– Moins de certitudes
– Moins de postures
– Moins de combats stériles
Et si possible :
– Plus de robustesse
– Plus de coopération
– Plus de soin
– Plus d’action

La légèreté ?
Finalement, c’est peut-être quelque chose de très sérieux.
Pour aller plus loin :
- Communication Non Violente – Développer vos compétences relationnelles en situation tendue
- Améliorer sa communication – S’affirmer et favoriser la coopération
- Moi et les autres – Se connaître et comprendre les autres pour coopérer
- Ateliers de Co-Développement – Résoudre des problématiques concrètes avec ses pairs
- Diagnostic LEAN 360°

Fabien GENETIER :
Après une forte et belle aventure en entreprise, j’ai souhaité mettre à profit mes expériences pour accompagner les entreprises dans l’évolution des organisations et du management et dans la mise en place de démarches structurantes au service d’une performance durable.
L’Industrie d’aujourd’hui et du Futur implique une organisation robuste et des pratiques managériales gagnantes pour assurer pérennité et satisfaction au travail.
Je trouve en Com-Hom : une dynamique d’équipe fondée sur la complémentarité, la bienveillance exigeante, et le plaisir de construire ensemble. Un espace qui fait écho à mes convictions : faire ensemble et mieux, pour des transformations durables et incarnées.
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